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“Ah, je déteste la routine !”

Qu’est-ce que j’ai répété cette phrase.

Pour moi, routine signifiait ennui, redondance, métro-boulot-dodo.

Je cultivais la perte de repère volontaire en déménageant souvent. En changeant quelques détails, j’avais l’impression de vaincre l’ennui d’une vie d’adulte et d’obligations.

Je suis passée à la vitesse supérieure quand j’ai commencé à voyager pour une durée indéterminée. La perte de repères était totale. Il fallait sans cesse s’adapter à un environnement différent, des personnes différentes, des lits différents.

Aucun jour ne se ressemblait et je ne m’ennuyais jamais.

Ça a duré des années, avec des petites pauses pour me poser quand je fatiguais.

Et puis j’en ai eu ras-le-bol.

C’était l’année dernière. Je vivais au Pérou. J’avais trouvé une colloc et mes petites habitudes.

Je prenais tous les jours le même chemin pour aller travailler, j’achetais tous les jours mon pan con palta à la même dame au coin de la rue, con poquito de sal.

J’échangeais quelques mots avec la dame qui pressait les oranges un peu plus bas.

J’avais des habitudes, une routine, et ça me faisait un bien fou.

Quelle joie que de saluer un visage familier. Quel plaisir que de marcher dans des rues connues, sans avoir le nez collé au GPS du téléphone.

Finalement, la vie est bien plus simple quand on connaît les rayons du supermarché et la place des bols dans la cuisine.

C’est là que j’ai compris à quel point les habitudes sont importantes.

Vivre dans une perte de repère constante engendre une fatigue mentale.

On doit réfléchir à des petites actions du quotidien (du genre, savoir où est le PQ ou comment fonctionne la douche), et ça mobilise des ressources mentales qui pourraient être utilisées pour autre chose.

On doit faire des choix sur tout et rien. Or, notre pouvoir décisionnel est limité, et les mecs de la Silicon Valley qui portent le même tee-shirt tous les jours l’ont bien compris.

Alors oui, certaines habitudes nocives nous enferment, nous possèdent, nous engluent dans une vie morne.

Mais d’autres habitudes, au contraire, structurent et rythmes nos vies.

Dans une vie d’imprévus, elles sont nos repères.

Le tout, c’est de savoir faire la différence.

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