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Bangkok

La première fois que je suis venue à Bangkok, j’avais été étouffée par les buildings immenses et les avenues sans fin.

Écrasée par la chaleur de juin et la pollution.

J’avais vite fui au nord du pays, retrouver le vert des montagnes et le bleu du ciel pour remplacer le toit gris orangé qui couvre la ville.

Trois ans après, j’atterris à nouveau dans la capitale thaïlandaise.

Je me rends à nouveau au musée d’art contemporain, immense bâtiment tout en rondeur et en béton, au milieu de centres commerciaux et d’une vie bouillonnante.

L’hostel se situe à moins d’un kilomètre et je décide de rentrer à pieds.

Ce jour-là, je vais mettre 2 heures pour rentrer.

J’ai juste à longer une grande avenue sans âme, qui enjambe la rivière.

En passant sous le pont, surprise : des petites chaises en plastique, l’odeur des épices et de la viande qui cuit. Loin de l’agitation à quelques mètres au-dessus de leur tête, des hommes et des femmes qui s’affairent au milieu des marmites pour nourrir les thaïlandais accoudés à de petites tables qui disparaîtront dans quelques heures.

Le bruit du trafic paraît alors bien loin.

Le long de l’eau court un étroit couloir. Cachées entre les plantes et les fleurs, les petites chaises et les maisons continuent de s’aligner.

Je décide de longer la rivière et d’abandonner l’idée de rentrer. Ouvrir les yeux et ralentir le pas, moi qui marche toujours comme si j’étais pressée.

Jusqu’à la tombée de la nuit, je vais parcourir les petites rues, au hasard. Le luxe de se laisser porter, sans but précis.

Tout à coup, alors que je décide de rentrer pressée par l’obscurité qui se dessine, une longue rue sur la gauche attire mon attention. Étroite, sombre, pleine de vie, elle n’en finit pas.

De chaque côté, les portes ouvertes des gens qui vivent dehors se succèdent. Les rues sont si encombrées que mon œil ne parvient pas à tout assimiler.

La machine à laver et le linge étendu, les sandales abandonnées sur le pas de la porte, les chats qui dorment sur les motos garés çà et là.

L’odeur du durian, de la friture et de la lessive.

Je me fraie un chemin entre les enfants qui jouent et les vieux assis torse-nu au sol, en train de discuter ou de regarder la télé.

Tout est pêle-mêle, brut, maculé et propre à la fois.

Soudain, sans prévenir, j’atterris sur un grand boulevard.

Je sens l’air glacé à travers la porte automatique du 7 eleven, l’odeur des gaz d’échappement et brusquement, je reviens à la réalité.

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