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Être heureux au milieu du chaos

J’ai l’impression qu’être heureux pendant cette période, ça fait tache. 

Que ce serait mal venu, presque irrespectueux par rapport à ceux qui vivent des choses plus dures que nous.

Par rapport à ceux qui se sentent déprimés, pessimistes, anxieux.

Et franchement, oui, il y a de quoi l’être. Notre vie est chamboulée et on doit s’adapter contre notre gré à un monde incertain où on a le sentiment d’avoir perdu le contrôle.

Au milieu de tout ça, moi j’ai le sentiment d’aller bien.

La plupart du temps en tout cas, car il y a forcément des craquages.

Alors quand on me demande comment ça va et que je réponds “super !”, je me sens parfois obligée de me justifier, en ajoutant que “oui, c’est dur, mais j’ai quand même de la chance, mes proches sont en bonne santé…”.

Et puis parfois, avant même que je réponde, la personne imagine ce que je dois ressentir. Elle anticipe à coup de “ça doit être dur pour toi loin de ton copain / ça doit te manquer ta liberté / les grands espaces / voyager.

Ça me touche, car ce sont des personnes qui se soucient de moi et sont emphatiques.

Mais ça me fait réfléchir aussi.

Est-ce qu’elles n’auraient pas raison après tout ?

Est-ce normal que j’aille bien alors qu’il me manque des choses que je croyais indispensables à ma vie ?

C’est un peu par hasard, en écoutant un podcast de la psychologue Susan David, que j’ai compris ce qui s’était passé: j’avais changé les croyances et histoires que je me raconte.

Pas le choix.

Si je continue de penser que j’ai besoin d’aller à la salle de sport pour me défouler et me sentir bien, de grandes marches dans la nature ou du calme absolu pour travailler, alors il y a de fortes chances que je souffre pendant ce confinement.

Ça a fait tilt.

S’accrocher à ces histoires et ces pensées nous coince mentalement. 

Ça nous empêche de nous adapter à la réalité.

S’en séparer, c’est se laisser la chance de tester autre chose. De voir qu’en fait si, ça va, je peux faire sans ou différemment.

Se détacher des croyances que l’on a à propos de nous-même, ce dont on a besoin ou à quoi on est bon, c’est devenu indispensable pour s’adapter aux bouleversements dans nos vies.

Et y survivre.

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