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Des treks au périmètre d’1 kilomètre

En ce moment, on me demande beaucoup si je vis bien le manque des grands espaces.

C’est vrai qu’être enfermé, c’est anxiogène pour beaucoup d’entre nous. On rêve d’autre chose que de regarder le ciel par la fenêtre.

Mais la vérité, c’est que je sors tous les jours. 

Chaque après-midi, je marche quelques centaines de mètres jusqu’au parc, un livre en main. J’en connais tous les recoins, j’ai grandi ici.

Je m’assois sur un banc et je respire à plein poumon, le visage tourné vers le soleil.

Pendant 1h, je déconnecte.

Bien sûr que j’ai envie d’autre chose. Mais c’est le mieux que je puisse obtenir, alors je chasse les “Et si…” et je marche le sourire au lèvres.

Jusqu’à hier.

Hier, j’ai eu comme un éclair de lucidité.

C’est comme si je m’étais réveillée et que je prenais pleinement consciente de ce qui était en train de se passer.

Tout à coup, ma nouvelle routine m’a paru étrange. Marcher dans un périmètre d’un kilomètre. M’asseoir tous les jours sur le même banc et passer une heure dans un parc vide.

C’est ça, qu’il me reste. C’est ça, que je vais voir pendant les prochaines semaines.

Quelques minutes plus tôt, je me trouvais bien chanceuse, mais soudain, tout ça avait un goût amer.

J’ai senti l’angoisse monter en moi et les larmes couler. 

Je voulais me réveiller et que tout soit fini.

Pour la première fois, je me suis autorisé à me sentir triste, désemparée dans ce parc que je connais si bien. Si beau, avec ses parterres de tulipes sous les premiers rayons du printemps.

J’ai repensé à tous les souvenirs heureux que j’y ai construits. Ça m’a fait sourire et pleurer à la fois.

Désormais, les cris d’enfants sont remplacés par les croassements des corbeaux. Ils se cachent entre les herbes qu’on ne coupera pas avant longtemps.

Mon parc, d’habitude si heureux, maintenant si vide et silencieux, comme une parenthèse au bruit des sirènes et des hélicoptères.

Une heure plus tard, j’ai quitté mon banc avec le sourire. Soulagée d’avoir enfin vécu ces émotions que je ne m’autorisais pas. 

Heureuse d’avoir profité une heure durant du soleil et du parc, prison sans barreau autant que havre de paix.

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