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“Pourquoi t’es pas restée là-bas ?”

On m’a posé plusieurs fois cette question.

C’est vrai après tout, pourquoi je ne suis pas restée au Viêtnam en attendant, plutôt que rentrer en France ? 

Pourquoi j’ai décidé de voyager, de passer par de hauts lieux de contamination au risque de propager le virus ?

Au début, c’est ce que je pensais.

L’ambassade nous demandait avec insistance de rentrer, mais ne valait-il pas mieux rester ici, baisser la tête, attendre que ça passe ?

Et puis assez rapidement, la situation s’est dégradée.

Les liaisons aériennes ont diminué, les compagnies aériennes arrêtaient simplement de voler.

Les hôtels et les restaurants fermaient les uns après les autres.

Quand la menace d’un lockdown général qui s’est mise à planer, j’ai compris que rester ici, ça allait être difficile.

Les choses se sont encore compliquées.

Les gens ont commencé à m’éviter dans la rue, à me montrer du doigt à la police, à refuser de me servir à manger.

La peur se développait plus vite que le virus. En une semaine, les Européens étaient devenus des pestiférés.

C’est là où j’ai réalisé ma condition : 

J’étais seule, à 10 000 kilomètres de chez moi, dans un pays dont je ne parle pas la langue et qui s’apprêtait bientôt à refermer ses frontières sur moi.

J’ai compris ce que ça voulait dire, d’être une étrangère. 

On traversait une crise, et mon statut privilégié de jeune fille blanche dont l’argent pouvait tout acheter était obsolète.

3 ans de voyages pour comprendre ce que ça voulait réellement dire, “chez soi”. Il fallait que je rentre.

 

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