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Cultiver son jardin

Je me souviens de cette Américaine, lors d’un volontariat dans une ferme au Nicaragua, qui m’a dit : “J’ai besoin de plonger mes mains dans la terre. Sentir ce contact.”

À l’époque, je n’ai pas bien compris.

J’ai trouvé ça fou, moi qui ai grandi hors-sol.

Pourquoi diable aurait-elle envie de passer des heures à cultiver des tomates, le dos courbé et les genoux douloureux, alors que d’autres s’en chargent pour elle ?

Quel plaisir pouvait-elle bien trouver ?

Dans notre société, il est presque impossible de mourir de faim.

Pour répondre à un de nos besoins primaires, manger, on a qu’à visiter les étales plein à craquer des supermarchés. Plus besoin de savoir cultiver quoique ce soit pour survivre, on peut se consacrer à d’autres choses.

Et pourtant, comme beaucoup, j’ai commencé à ressentir ce désir de plonger mes mains dans la terre.

D’être attentif aux saisons. Être patient, attendre que ça pousse.

Et retrouver ce sentiment de satisfaction, ce bonheur simple de récolter le fruit de notre travail. Pas des chiffres abstraits dans un tableau excel.

Juste une tomate, peut-être moche et difforme, mais la meilleure tomate du monde.

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