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Je suis bilingue en Anglais (ou le retour des croyances limitantes)

Hier, au détour d’une conversation, j’ai lâché: “Je suis bilingue en anglais”. 

Ça m’a fait tout drôle. Toute ma vie, j’ai pensé que j’étais nulle en langues, alors c’était presque difficile à admettre.

Ça a commencé en 6ème. J’étais la seule qui n’avait pas fait d’anglais en primaire et malgré de bonnes notes, je me sentais déjà à la traîne.

Durant l’année, notre prof est tombée très malade et était beaucoup absente. On est arrivé en 5ème avec un petit retard. Rien de grave, mais dans ma tête d’enfant perfectionniste, c’était foutu.

Et puis en 2nde, lors d’un échange scolaire dans une petite ville côtière Polonaise, surprise: tous les Polonais parlaient Anglais tandis que nous, on alignait timidement quelques mots.

Par chance, le père de ma famille d’accueil parlait français. Un jour, à table, il me demande si je veux “fatiguer la salade”. Quoi? Fatiguer la quoi? Il avait vécu 10 ans à Marseille.

L’année d’avant, lors d’une réunion parent-prof, ma prof d’espagnol annonce qu’en classe, j’ai un panneau “j’en ai rien à foutre” qui clignote sur la tête.

Je suis restée éberluée, car j’ai toujours été une première de la classe.

Des années plus tard, quand j’ai adopté un style plus fi-fille et que je suis enfin rentrée dans ses grâces, j’ai compris d’où venait vraiment le problème.

Mais 10 ans plus tard, en m’installant au Pérou, je repensais aux paroles de cette prof et à l’injustice et démotivation que j’avais ressenti.

Je continuais de penser que j’étais nulle en langue, même si j’avais fini par en apprendre 2.

Comment, même face à des faits, nos croyances à propos de soi persistent?

Tellement lointaines, tellement tenaces, elles sont devenus notre réalité, voire notre identité. Elles restent ancrées, même si en réalité on a changé, grandi, évolué.

S’en libérer, c’est puissant.

“Je suis dés-organisée/toujours en retard/bordelique/timide”

  • Pourquoi je pense ça de moi? Quelles sont les origines de cette croyance dans mon histoire personnelle?
  • Et puis, est-ce toujours bien vrai ?

Un simple doute en réponse à cette question peut libérer une puissance incroyable.

Si ce n’est pas si vrai, alors on peut s’autoriser à ré-essayer, à s’améliorer, à changer. Plus rien n’est figé.

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