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La connaissance, c’est le pouvoir. Surtout dans la nature.

En train de marcher dans la forêt amazonienne, le guide nous arrête devant un arbre.

Avec sa machette, il fait une entaille dans l’écorce, de laquelle s’écoule un liquide blanchâtre.

Il nous invite à goûter ce surprenant lait qui est donné aux enfants de la communauté.

On continue d’avancer dans l’épaisse jungle quand, une vingtaine de mètres plus loin, il nous arrête à nouveau.

On croit reconnaître le même arbre et pourtant cette fois, on doit s’éloigner de plusieurs mètres et se protéger les yeux lorsqu’il incise le tronc.

De l’écorce s’écoule un liquide blanc, laiteux, qui ressemble à s’y méprendre à celui qu’on vient de goûter.

Celui-là, par contre, c’est un poison très puissant.

Quelques gouttes dans un étang suffisent à faire remonter tous les poissons à la surface en quelques minutes.

Mieux vaut ne pas se tromper.

J’étais pleine d’admiration pour cet homme qui connaissait sur le bout des doigts cette jungle qui, à moi, me paraissait tellement hostile.

Cette jungle qui nourrit et soigne autant qu’elle peut tuer.

Et puis je me suis sentie minuscule. Est-ce que, perdue dans l’épaisse forêt, je survivrai ne serait-ce qu’une nuit ? Quelques jours, si j’ai de la chance, avant de mourir d’une infection, empoisonnée ou juste de faim.

Là, dans la jungle, j’aurais été victime de mon ignorance.

J’ai pensé à tout ce que j’avais appris dans ma vie. À mes cours de macro-économie et de science politique.

Peut-être que j’aurais pu les utiliser pour faire un feu…

Perdue dans la jungle, j’aurais pensé “si seulement j’avais appris à reconnaître les plantes, poser un piège, grimper aux arbres !”.

Toutes ces choses qu’on appelle “survie” et qui en réalité, pour cet homme qui nous guide à travers la forêt pieds nus, sa machette à la ceinture, sont juste la “vie”.

Mais moi, quel besoin ai-je de connaître mon environnement ?

Dans un environnement aseptisé, où le danger est réduit au minimum, où d’autres se chargent pour moi de faire pousser ma nourriture et d’en remplir les rayons des supermarchés, qu’ai-je réellement à penser ?

Plus besoin de survivre ! Quel soulagement, quelle libération !
Vraiment ?

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