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Le requin

La première fois que j’ai croisé la route d’un requin, je suis restée pétrifiée.

Fascinée, envoûtée par cet animal qui se reposait au fond de la mer, des larmes d’émotions me sont montées.

J’ai eu des papillons dans le ventre, comme une ado lors de son premier baiser.

Passée l’émotion, je suis restée là, à l’admirer, l’ombre de mon corps flottant qui ondulait sur le sien, immobile au fond de l’eau.

Ce moment suspendu, je m’en souviendrais toute ma vie. Au milieu de la mer des Caraïbes, j’ai été submergée d’émotions pures, intenses et inattendues.

Ce jour-là, je crois que j’ai ressenti de l’amour.

La scène s’est répétée. Cette fois, j’étais seule dans la forêt avec mes jumelles et les premiers rayons du jour quand un toucan est apparu.

De son bec immense, il s’est mis à savourer ses premiers fruits de la journée. Mes pupilles se sont dilatées de surprise, mon corps entier s’est immobilisé. Derrière le verre grossissant de mes jumelles, mes yeux se sont brouillés de larmes.

En plus de la paix, de l’harmonie, de la liberté absolue que j’y trouvais, la nature m’offrait ce moment privilégié, cette connexion dont on manque tant dans un monde pourtant hyper-connecté.

La nature, ce n’est pas un zoo. Quand Elle, si cruelle, si forte, si imprévisible, si belle, accepte de se laisser découvrir, c’est comme un privilège.

Un cadeau inestimable qu’il faut protéger.

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