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Les artistes sont-ils des fous en liberté ?

Sur l’écran de la télévision posée à même le sol apparaît un homme asiatique.

Vêtu d’un caleçon blanc, il est debout sur un petit podium carré.

Dans ses mains, un seau rempli de yaourt qu’il commence à se déverser sur la tête, avant de s’étaler le liquide blanc sur tout le corps.

Assise en tailleur sur le parquet de l’ultime salle du Centre d’Art et Culture de Bangkok, je regarde amusée cet enregistrement de la performanceForever Yogurt” d’un artiste thaïlandais.

Et puis en m’éloignant, ça me frappe.

Si cet homme n’était pas un artiste, il ne serait pas dans un musée, mais dans un asile.

Sans le contexte et son statut d’artiste, on verrait seulement un homme au torse poilu se couvrir de yaourt. Un excentrique.

Mais lui, c’est un créatif.

Aux artistes, toutes les excentricités leur sont permises.

C’est même ce qu’on attend d’eux, d’être originaux.

Alors, sont-ils des fous cachés derrière des artistes ?

Ou à l’inverse, ne serions-nous pas tous un peu fous sans le savoir ?

Car d’enfants créatifs et originaux, on grandit en adultes aptes à vivre en société.

Les différences et les particularités de chacun sont effacées pour le bien-vivre ensemble.

Nous, on a inconsciemment et depuis longtemps intégré qu’il valait mieux suivre la vague, au risque de se compliquer la vie.

Et puis être créatif et différent n’est pas valorisé par la société.

Alors seule une poignée d’entre nous s’autorise à vivre cette folie. À créer, à explorer leur monde intérieur, leur originalité.

Si on s’amusait à dérouler le fil de nos pensées un peu folles plutôt que de les réfrener, si on faisait tomber nos a priori et nos propres limites, peut-être qu’on se couvrirait aussi de yaourt avant d’être exposé dans un musée.

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