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Mon histoire

Écrire m’a sauvé la vie.
Deux fois.

J’ai commencé à écrire assez jeune. C’était une manière d’exprimer ma créativité autant qu’une thérapie.

Écrire m’aidait quand j’allais mal. Ça m’apaisait, ces mots déposés en secret dans un carnet. C’est ainsi que j’ai réussi à sortir d’une période un peu noire de mon adolescence sans trop d’égratignures.

Dix ans plus tard, je vivais ma meilleure vie.

Je venais d’être diplômée d’une prestigieuse école, j’avais des amis aux 4 coins de la France et une famille qui me soutenait inconditionnellement.

Je m’apprêtais à entamer une carrière, à « démarrer ma vie ».

Mais avant, j’avais un rêve à réaliser : voyager.
Faire le tour du monde, voir des montagnes et des forêts.
Prendre le temps de découvrir d’autres manières de vivre et de penser.

On ne regrette que ce que l’on n’a pas tenté, n’est-ce pas ?

J’étais persuadée que cette année serait une parenthèse, avant de retourner comme si de rien n’était à la vie « réelle ».

Mais ce n’était pas juste un stop avant de reprendre ma route.

J’étais face à une bifurcation.

Gauche ou droite.
La liberté ou la sécurité.

Le choix qui allait changer le cours de ma vie.

Je suis arrivée en Amérique du sud, curieuse et terrorisée.

Est-ce que j’étais en train de faire une grosse boulette ?

Est-ce que j’allais me mettre en danger, seule à l’autre bout du monde pendant 1 an, moi qui n’ai jamais quitté l’Europe ?

Mais ce voyage, j’en avais rêvé, alors j’ai mis un pied devant l’autre et j’ai avancé.

Moi qui avais toujours connu la vie citadine et confortable, j’entrais à l’école de la vie version cours intensif.

C’était merveilleux, toutes ces découvertes, ces rencontres, ces aventures.

C’était dur aussi. Fatiguant, bouleversant parfois.

Pour me souvenir et digérer tout ça, j’écris.

J’écris la beauté des paysages. J’écris le froid et l’altitude.
J’écris les piqûres d’insectes, les bus de nuit et les déchets sur le bord de la route. 

Seule sur la route, je n’écoute que moi et mon intuition, libérée de l’image que les autres ont de moi et dans laquelle j’étais enfermée.

Enfin, tout devient possible.

Au fil des kilomètres et des pages de mon carnet, j’apprends à écrire sur moi, sur mes émotions. Avec timidité d’abord, comme si je craignais que quelqu’un ne me lise. Et puis ça devient de plus en plus facile.

Je pensais ne rien avoir à soigner, mais l’écriture et le voyage deviennent ma thérapie.

L’exploration, elle se passe aussi à l’intérieur.

En même temps, je partage mon aventure sur une page Facebook créée pour l’occasion.

J’adore ça et la page grandit, dépassant rapidement le cercle de ma famille et de mes amis.

Mais un an plus tard, quand je rentre en France, tout s’arrête.

Je ne prends plus le temps d’écrire, ni sur la page Facebook, ni dans mon carnet.
Comme si la vie ici ne valait pas la peine d’être racontée.

Je ne pense qu’à travailler et repartir.

6 mois plus tard, je pose le pied en Amérique centrale.

Naturellement, je recommence à écrire pour moi, mais je ne publie plus rien.

Je me sens coupable d’avoir laissé tomber ce projet et les gens qui me suivaient.

Paralysée par mon perfectionnisme, je pense à tort qu’il vaut mieux ne rien faire que mal faire.

Je m’auto-sabote, mais il me faudra une année de plus et une dépression pour le comprendre.

En attendant, quand je rentre d’Amérique centrale, je suis une autre personne. Ma manière de voir le monde, le bonheur et le travail a changé.

Et pourtant, je ne prends pas la mesure du changement. Pire, je tente toute sorte de contorsions pour rentrer à nouveau dans la « moi d’avant ».

Mais je ne suis plus la même.

Je tente d’être heureuse, mais ça sonne faux.

Je n’ai pas le droit de me plaindre, après tout ce que j’ai eu la chance de vivre.

Alors je fais taire mon intuition et mes envies. Je trouve un travail et emménage avec mon copain de l’époque.

Et je sombre.

6 mois au fond du trou, à m’acharner à vouloir vivre cette vie qui ne me correspond plus.

Sans doute dois-je manquer de voyage et de soleil, alors pour tenter de sauver les meubles, on part quelques semaines aux Philippines.

C’est par hasard, alors que j’enchaîne les crises d’angoisses sur une île paradisiaque de la Mer de Sulu, que je découvre un podcast de développement personnel.

C’est la révélation.

Je comprends que ce n’est pas le soleil qui me manquait.
En vérité, je me manquais à moi-même.

J’avais fait taire mon instinct et mes envies, parce-que j’avais PEUR.

Peur de me créer une vie différente mais qui me ressemble.
Peur de faire des sacrifices et de m’affirmer aux yeux du monde.

J’avais préféré la facilité : retourner à ma vie d’avant, un métro-boulot-dodo ennuyant mais sécurisant.

Mais au fil de mes écoutes et de pages noircies, mon chemin s’éclaircit.
J’ai l’impression de renaître une seconde fois.

Il est temps d’assumer qui je suis vraiment.

Je lâche tout et je pars travailler 6 mois au Pérou.

J’y poursuis ma quête intérieure, entre programmes d’auto-coaching et expériences chamaniques.

Et j’écris sans m’arrêter.

Mais au fond, je sens toujours une frustration pour cette page Facebook à l’abandon.
À travers l’écriture, j’ai aussi envie de partager.

Je prends mon courage à deux mains et me remets à publier.
En 1 an d’inactivité, ma communauté s’est dissoute ou s’en est allée sur Instagram.

Qu’importe, je le fais pour moi.

Assez vite, je me sens à l’étroit dans la thématique du voyage.

Je brûle de parler de tout ce qui a changé ma vie ces derniers mois. De partager ce qui m’a aidé, pour peut-être aider d’autres personnes.

Mais on me suit parce-que je parle de voyage, pas de développement personnel. Qui ça pourrait bien intéresser ?

J’y pense pendant plusieurs semaines, mais je résiste.

Et puis un jour, je balaye mon syndrome de l’imposteur et je me lance.

J’ai la boule au ventre, mais je clique sur Publier.

Très vite, les premiers messages d’encouragement arrivent. Je réalise que mon cheminement peut en aider d’autres.
Qu’il suffit juste de cliquer sur Partager.

Alors chaque jour, je partage ici les petites découvertes et les grands déclics qui ont changé ma vie, et qui peut-être changeront la tienne.

À bientôt, Stef

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