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Savoir dire non

C’est une histoire qui aurait pu mal se terminer.

J’étais à Otavalo, une ville commerçante du nord de l’Equateur.

Un après-midi, j’aperçois une femme qui parle en quechua depuis une estrade, devant 80 personnes.

Je m’approche, curieuse, et on me fait une place sur un banc face à la scène. Autour de moi, tous sont indigènes.

Absorbée par le chant de cette langue encore inconnue, j’aperçois soudain un gros bidon d’eau rempli d’un liquide brunâtre et un peu épais qui passe de main en main.

Avant que j’ai trop le temps de réagir, mon voisin me tend un verre en plastique (le même utilisé par les 40 personnes avant) qu’il remplit du breuvage inconnu.

Autour de moi, on se penche pour m’observer avec un sourire bienveillant.

J’ai un instant d’hésitation et je demande ce que c’est, mais le nom n’a rien de familier et je l’oublie l’instant d’après.

D’un signe de tête, ils m’invitent à goûter, et sous la pression de leurs regards et la peur d’être malpolie, je m’exécute.

Je ne me souviens plus vraiment du goût que ça avait.
Tout ce dont je me rappelle, ce sont les moments d’après.

“Merde. Qu’est-ce que je viens de faire?”

Je leur ai fait honneur, certes.
Mais j’ai pris des risques avec cette boisson inconnue, peut-être faite avec de l’eau non-potable, servie dans le même verre que 40 autres personnes avec qui je ne partage pas les mêmes résistances aux maladies.

Après ça, je suis rentrée et j’ai tenté de me faire vomir, en vain. D’ailleurs, je n’ai jamais réussi de ma vie.

Je n’ai jamais été malade, ni cette fois, ni jamais en voyage. J’ai un estomac en béton, ou bien simplement de la chance.

L’après-midi, je me suis juste sentie un peu bizarre, comme plus sensible à la lumière, mais c’est tout.

En tout cas, j’ai appris un truc: à dire non.

Malgré la politesse, la pression sociale, la peur du jugement négatif des autres

On est toujours libre de dire NON.

On peut toujours se demander: est-ce que je dis oui car j’en ai envie (pour les bonnes raisons, donc) ou parce que j’ai peur de dire NON?

Ah, et j’ai un peu enquêté. Je penche pour la Chicha Yamor, boisson alcoolique traditionnelle d’Otavalo obtenue par la fermentation de 7 variétés de maïs.

Mais il faudrait que je re-goûte un petit coup pour être sûre.

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