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Savoir recevoir

L’autre jour, on m’a offert un régime de bananes et j’étais super mal à l’aise.

Wait, what?

Ok, on rembobine.

Il y a quelques semaines, on était dans petit village du nord du Vietnam. On a passé quelques jours dans une guesthouse au milieu des rizières.

C’était basique et infesté de moustiques, mais on a adoré.

On était nourris par la propriétaire, une petite mama viet’ qui ne parlait pas un mot d’anglais. Après 3 jours à manger pour 6 et à boire de l’alcool de riz pour bien faire passer tout ça, on lui dit finalement au revoir.

Et là surprise, elle revient avec un régime de banane “pour la route”.

C’est là qu’il s’est produit un truc intéressant.

Moi, j’ai trouvé ça adorable, mais j’étais gênée, et j’ai tenté de refuser avec un “oh mais non, fallait pas” en secouant mes mains.

Lui, il a eu une réaction différente. Il l’a remercié chaleureusement et a accepté le cadeau.

On est partis le régime sous le bras, et je me suis interrogée.

Pourquoi j’avais tenté de refuser ce cadeau, alors qu’il me rendait heureuse?

Comme si recevoir le cadeau directement sans protester, ç’aurait été impoli.

Comme si ça aurait signifié que je le considérais comme attendu, mérité, normal.

Comme si ça n’aurait pas témoigné assez de reconnaissance.

En réalité, ça m’a fait réaliser que ne pas savoir recevoir un cadeau, c’est se dévaloriser soi ET l’autre.

On use des “merci, mais fallait pas” et ”c’est trop”, comme si on en n’était pas digne, qu’on ne méritait pas tout ça.

Ça vaut aussi pour les compliments, encouragements, l’aide et l’affection.

On peut avoir l’impression d’être vulnérable, dépendant, de déranger.

Quand on reçoit un compliment par exemple, on a tendance soit à le nier, soit à retourner le même compliment à la personne.

La dette est épongée.

Car dans une société où tout est donnant-donnant, recevoir implique qu’on est redevable. Et ça nous stresse.

Or, un cadeau, un compliment, c’est un don, c’est unilatéral.

Et en ne sachant pas le recevoir, on dévalorise aussi celui qui offre.

On lui nie le bonheur simple d’offrir, de faire plaisir, et de recevoir en échange de la joie, de la gratitude et de la valorisation.

On arrive facilement à donner, mais maintenant, il est temps d’apprendre à recevoir.

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