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Se reconstruire

Les oiseaux muent chaque année.

C’est un processus coûteux en énergie, mais vital pour eux : un plumage fort est indispensable pour voler.

Alors environ une fois par an, ils perdent progressivement leurs plumes abîmées et effilochées, qui seront remplacées par des nouvelles.

Certains les perdent presque toutes d’un coup, et sont donc incapables de voler. Le comble, pour un oiseau.

Pendant cette période de mue, ils patientent, avec leur plumage un peu misérable. Ils se font discrets pendant quelques temps.

Ils sont prêts à accepter une période de fragilité, car ils en ressortiront plus beaux et plus fort.

Leur vie est ponctuée de petites morts et de renaissances.

Et la nôtre aussi.

On vit des périodes difficiles, des deuils, des ruptures.
On est abîmés, ébranlés, chamboulés.

Ce dont on aurait besoin, c’est une période de mue.

Une période pour nous, où on se fait discret, où on ralentit, juste le temps de se reconstruire.

Mais souvent, on est très pressés de passer à autre chose.
De ne plus ressentir ces émotions négatives, qui font pourtant partie de l’expérience humaine.

On tente de détourner le regard, encouragés par des phrases du type “la vie continue” ou “un de perdu, 10 de retrouvés”.

C’est vrai qu’après une épreuve, la vie continue. Mais elle sera différente, et nous également.
Et avant, il faudra apaiser, soigner, reconstruire.

Elle prend du temps, cette mue.

Et dans une vie à mille à l’heure, qui peut s’autoriser une période de fragilité ?

Dans une vie ultra-connectée, qui peut s’autoriser l’éloignement des autre, même pour son propre bien ?

Et pourtant, à l’instar des oiseaux, notre mue est indispensable pour remplacer les plumes effilochées. Pour en ressortir plus fort, plus grand.

Nous aussi, on peut se faire discret, prendre du temps pour nous et de la distance avec les autres, si on en ressent le besoin. Repousser les gros projets à plus tard.

Reconstruire notre plumage pour repartir plus forts.

La vie est faite de plein de petites morts. Et si on s’autorise à muer, d’autant de renaissances.

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