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Vivre sa vie en ignorant la vie

Il y a 2 jours, une super Lune rose est apparue dans le ciel. Bon, elle n’était pas vraiment rose, mais assez pour que les influenceuses d’Insta nous bassinent avec.

Moi, je suis restée dans mon lit. J’adore observer la Lune, mais j’aime aussi beaucoup dormir.

Il y a une fois quand même, j’ai vu une Lune cuivrée. Et ça a changé la vision de la vie.

Je venais de passer 2j dans ma tente alors qu’un cyclone traversait la Nouvelle-Zélande. Une fois Debbie passée (c’était son petit nom), je suis sortie acheter des vivres.

Je me suis installée sur un banc pour admirer l’océan.

Un homme, la quarantaine et l’accent bien kiwi, s’assoit à l’autre extrémité et sort la bouteille de vin qu’il a amené pour fêter l’accalmie. On finit par partager son vin et mes chips et refaire le monde jusqu’à tard dans la nuit.

À un moment, j’aperçois une boule de feu qui s’élève à l’horizon. Je la pointe du doigt, les yeux écarquillés. Richard se met à rire: “Tu n’as jamais vu ça ?”

Non, c’est la première fois. Devant cette Lune cuivrée qui s’élève au-dessus de l’océan, je suis émerveillée.

Ça fait l’effet d’un raz-de-marée.

Je sais plein de choses, et pourtant j’ignore tout.

J’avais passé des années à apprendre des tas de choses. J’avais eu des apparts, des lettres des impôts et un beau diplôme.

Mais tout ça, c’était juste une contorsion pour exister au sein d’une construction sociale imaginaire, avec des règles imaginaires et de l’argent imaginaire.

Ma vie pourtant bien réelle est basée sur de pures créations: la société, la loi, la bourse, le travail, rien de tout ça n’est réel.

Une série d’abstraction produite et acceptée par le cerveau humain.

Quand on finit par se demander si ça a du sens, c’est trop tard. On fait déjà un bullshit job et une dépression.

Alors que la vraie vie, elle est dehors, entre les feuilles des arbres et les vagues de l’océan. Elle existe, avec ou sans nous.

On peut vivre toute une vie en ignorant la vie. Déconnecté, déraciné, à observer la nature de loin, hostile et étrangère.

Mais il suffit parfois de peu pour se rappeler que finalement, derrière nos murs visibles ou invisibles, on est rien de plus que des animaux.

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