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Travailler plus pour vivre moins

Quand on est jeune, on a du mal à imaginer qu’on ne le sera pas toute notre vie.

On a du mal à croire qu’un jour, on aura plus envie de marcher des heures pour admirer le lever du soleil de la cime d’un volcan. Ni de jouer à la roulette russe en mangeant de la street food assis sur de petites chaises en plastique.

On a du mal à imaginer que le temps passera à toute vitesse, bien plus qu’à 20 ou 30 ans.

Propulsé à travers les années, on se retournera tout d’un coup et… Quel regard portera-t-on sur notre vie ?

Un regard amusé de nos bêtises d’ados ? Satisfait de nos décisions d’adultes ? Plein de regrets de tout ce qu’on n’a pas fait ? Ou tout ça à la fois, peut-être ?

Est-ce qu’on regardera ces heures, ces années passées au bureau avec un regard attendri en se disant “ah, c’était le bon temps!” ?

Sans doute pas.

On aura peut-être réalisé que le travail, c’était juste un moyen.

Qu’on échangeait notre précieux temps contre de l’argent.

Au lieu d’aller lire un bouquin au soleil, on décidait de passer notre journée sous des lumières artificielles pour se payer un toit, à manger et des vêtements propres. Et tout un tas de choses dont on n’avait pas réellement besoin. Mais il fallait bien justifier le dur labeur. Se faire plaisir.

Tout le reste, c’est une illusion.

Du travail, on tire aussi notre statut, notre légitimité.

Perdre son travail, ce n’est pas seulement perdre un revenu, c’est aussi perdre sa légitimité.

Soyez “improductif” et vous disparaîtrez aux yeux de la société. Il n’y a qu’à voir comment sont traités les femmes au foyer…

Toute notre valeur, notre vie sociale, on la tire de notre travail.

Illusion indispensable pour qu’on continue de travailler plus que ce que l’on a réellement besoin. Et assez pour la croissance du PIB.

“Travailler plus pour gagner plus.”
Et profiter moins ?

Ah !
Si on n’avait pas fait du travail le centre de notre existence, de notre légitimité, voire notre raison de vivre
Si on n’était pas dépendant du superficiel devenu indispensable…

…On aurait tous trouvé qu’il était fou.

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